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Bloc & Formation

Un dispositif retiré du patient, pas retiré de son emballage

7 Septembre 2026

Le sachet est scellé et étiqueté, une fiche l'accompagne : identité du patient, date, nom du chirurgien, référence et numéro de lot du dispositif. Ce que contient ce sachet vient de sortir d'un corps, pas d'un carton de stock.

Un dispositif explanté, je pensais que le mot désignait simplement un objet sorti de son emballage d'origine, prêt à l'emploi. Le sens est tout autre : une fiche de bonne pratique de l'OMéDIT région Centre Val de Loire, actualisée en avril 2026, définit la prothèse explantée comme un dispositif implantable retiré chez un patient, au cours d'un acte médical ou chirurgical, ou dans le cadre d'une prise en charge post-mortem.

Quatre situations amènent à ce sachet

La même fiche recense les causes courantes d'explantation : une infection associée à l'implant, une usure prématurée, un dysfonctionnement ou une rupture du dispositif, un remplacement programmé, ou une explantation post-mortem. Quatre situations qui n'ont rien de commun entre elles, sinon d'aboutir toutes au même geste : un objet sort du corps, et il faut désormais en faire quelque chose.

Deux chemins, jamais un troisième

Ce que devient l'objet dépend d'une seule question posée au moment du retrait : y a-t-il suspicion d'incident ou de défaillance ? Si oui, le dispositif est transmis au correspondant de matériovigilance et part en conservation pour expertise, avec l'identité du patient, la date, le nom du chirurgien et, dans la mesure du possible, la référence du dispositif. Si non, c'est-à-dire en cas d'usure normale, d'infection, de remplacement programmé ou d'explantation post-mortem, le même objet part en filière de destruction.

Pour la voie de l'expertise, le texte est précis sur ce qu'il ne faut pas faire : ne pas brosser l'implant, ne pas utiliser de produits chimiques, ne pas réaliser d'altération mécanique. Un objet qu'on veut faire parler plus tard se manipule le moins possible : chaque geste en trop est un geste qui peut brouiller ce qu'il reste à y lire.

Après la conservation, un autre métier commence

Un dispositif orienté vers la conservation pour expertise peut ensuite atterrir sur la paillasse d'un laboratoire spécialisé. Gepromed, institut strasbourgeois des dispositifs médicaux implantables, décrit ainsi son activité sur ce terrain précis : « Analyse complète d'un dispositif explanté : caractérisation des défaillances, dégradation et retour d'expérience clinique. » Un texte de bonne pratique dit comment l'objet doit sortir du patient et être conservé ; un laboratoire comme celui-ci dit ensuite ce que l'objet a à raconter.

Ce que je raconte ici ne vaut pas protocole et ne dispense pas de la formation d'un soignant. Ce qui s'applique à un dispositif retiré dans un établissement donné est ce que celui-ci et son correspondant de matériovigilance y ont écrit, et l'équipe qui s'en occupe le sait mieux que moi.

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